PORTRAIT : Laurent A. – 64 ans – Région Lyonnaise

PORTRAIT : Laurent A. – 64 ans – Région Lyonnaise

Qui êtes-vous ?

Je suis Laurent A. 64 ans, parisien, je vis depuis un peu plus d’un quart de siècle en région Lyonnaise, depuis peu retraité après une carrière dans l’informatique et le consulting, ce qui m’a surtout amené à faire des déplacements aux quatre coins du monde. Je suis aussi cinéphile, voyageur désinvolte, photographe amateur, gourmand intempérant, pianiste occasionnel, dessinateur sans prétention, modeste calligraphe mais surtout j’aime écrire.

Pilot capless

Depuis quand êtes-vous passionné par la papeterie ?

Depuis longtemps ! Déjà lorsque j’étais étudiant, j’avais l’habitude d’écrire avec des stylos plume. Je n’en possédais que trois ou quatre, à l’époque cela me paraissait déjà beaucoup. J’avais aussi toujours avec moi un petit classeur Omoring Book, format vaguement A6, ensuite remplacé par un Filofax à peine plus grand.

J’avais pourtant mal commencé : à l’école primaire la plume sergent major était de rigueur, le porteplume était rudimentaire. Cet instrument primitif s’avérait être une machine à faire des taches pour peu qu’on s’emploie trop énergiquement à faire des pleins et des déliés. De plus les cahiers Heracles n’avait pas le papier le plus formidable. Ainsi mon expérience initiale avait été assez décourageante. Il faut parfois s’entêter.

Comment est-ce arrivé ?

Bien logiquement il m’est apparu évident qu’utiliser de bons outils donnait plus de satisfaction. J’ai donc commencé à chercher des accessoires qui me convenaient mieux. Au milieu des années 70 le choix n’était pas immense. On trouvait facilement les Parker et les Waterman. Pour les carnets, Clairefontaine était déjà présent mais seulement avec une réglure seyes ou quadrillée, finalement très scolaire. Puis lors de mes voyages j’ai croisé les Sheaffer, Cross et quelques marques italiennes. Progressivement avec un budget plus confortable, sont devenus accessibles les Montblanc, Graf Faber Castel, Montegrappa, Pelikan, Caran d’Ache mais aussi les Pilot, Sailor, Namiki. La variété de type de plume est un espace de curiosité sans fin. Mais la multiplicité des marques réclamait autant de type de cartouches différentes. Et toutes les encres ne se valent pas. Alors naturellement l’usage de “convertors” et les encres en bouteille se sont imposés, cela permettait aussi de retenir des couleurs qui me plaisaient davantage, chaque stylo avec ses couleurs spécifiques, et ainsi découvrir les fabricants d’encre comme Herbin, Diamine, Atramentis, KWZ, Iroshizuku, et leur catalogue gigantesque. Enfin toutes les encres ne conviennent pas à tous les papiers. Le champ des recherches s’est ainsi élargi aux gammes de carnets, blocs, feuilles pour classeurs, dans des formats les plus divers.

A l’époque où internet n’existait pas, trouver des articles spéciaux relevait du parcours du combattant. Il était obligatoire de se rendre dans ses papeteries préférées et discuter longuement avec les vendeurs.

Qu’est-ce qui vous passionne le plus dans la papeterie ?

Pour un esprit un peu foisonnant, la combinatoire des plumes, encres, papier est un terrain de jeu infini. Selon ce qu’on souhaite écrire, associer les trois accessoires pour rechercher un rendu particulier est une satisfaction singulière.

Chacun comprendra qu’on ne boit pas du vin, du champagne, de la bière ou un whisky dans n’importe quel récipient. Chaque breuvage mérite son verre. C’est la même chose avec l’écriture, on n’écrit pas la liste des courses, une carte postale ou une lettre affectueuse à une amie avec les mêmes outils.

L’offre est maintenant très fournie, on peut toujours trouver matière à combler son imagination.

Si vous étiez un instrument d’écriture :

Ce serait sans doute un Sailor Shirotame Tamenuri ou un Nakaya Dorsal Fin 2, ou bien un Tohma Hightaka 55 Urushi Collection Kurotame-Nuri pour l’esthétique. Et de toute façon un stylo équipé d’une plume démesurée Flex, stub, Italic, oblique ou architect, customisée par un grand maître nibgrinder japonais, pour le caractère atypique du trait d’écriture.

Si vous étiez une encre :

Il faut rester dans l’insolite. Une encre Iron Gall, dont la couleur change en séchant et mieux encore, devient plus intense avec le temps. Ainsi à chaque lecture du texte on découvre une écriture à chaque fois un peu différente, on finit par s’attendre à de nouvelles nuances dans la teinte. Il faut aimer se laisser surprendre.

Si vous étiez un carnet :

Indiscutablement un carnet avec du papier Tomoe River. De préférence en format A5, blanc uni, éventuellement ligné. Mais surtout pas “dot”.

Le Dot est comparable aux petites roues à l’arrière d’un vélo. Le débutant peut être tenté de s’en servir, mais si on veut profiter de tout le plaisir d’écrire, c’est mieux de s’en passer.

Tomoe River notebook

Quel est votre article de papeterie préféré du moment ? Pourquoi ?

Difficile de répondre au singulier. J’ai plusieurs envies en même temps. Je pourrai dire que mon article préféré est le dernier que j’ai acheté.

Il y a néanmoins un article que j’apprécie depuis quelques temps. Je me suis mis au Traveler Notebook. Le carnet peut être arrangé en permanence selon les besoins du moment. Il y a un choix respectable de recharges pour satisfaire bien des usages, la couverture en cuir est presque indestructible et se patine bien. Cela existe en format Passeport et Regular. La papeterie Makkura les propose, et depuis peu en version série limitée, et bien évidemment je les ai commandés.

Traveler's Notebook Japan

On trouve aussi d’autres formats chez d’autres fabricants, en A5 ou A6. Je m’en suis fabriqué un au format “Pocket” pour y mettre des carnets “Field Notes”.

La parole est à vous :

Le plus beau des accessoires ne sert que si on en use. Je ne suis pas un collectionneur même si je possède maintenant une belle quantité de stylos, d’encre et de carnets.

Je ne pratique pas le bullet journal, je n’ai pas la frénésie du journaling.

J’ai par contre, des Commonplace notebooks, j’organise mes semaines selon une approche dérivée de la méthode Alastair, je développe mes idées dans des mind-maps, je remplis des carnets de voyage, des recettes de cuisine, des listes hétéroclites interminables, enfin j’écris des notes, des commentaires divers, des billets d’humeur, des mails, le tout sur papier avant de les envoyer sur le net. J’aime le contact avec le papier, faire des ratures, surcharger le texte, écrire des commentaires dans la marge, recopier, faire une nouvelle version. Le texte sur la page doit me paraître aussi beau à voir, qu’intéressant à lire. L’exercice n’est pas simple mais il reste plaisant.

Je l’ai dit plus haut, en matière d’écriture, l’offre est maintenant bien fournie et facilement accessible. Je souhaite que la papeterie Makkura continue de proposer une grande variété d’articles et, avec le dynamisme qu’on lui connaît, de nous surprendre en permanence avec ses nouveautés.

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