Test · Carnet

Moleskine
Classic Notebook L (Large) ligné.

Couverture cartonnée souple, élastique noir, signet, pochette accordéon : l'icône du carnet de poche depuis 1997. On l'a remis sous nos plumes pendant six semaines pour voir ce qu'il vaut encore en 2026.

Par Camille Berthier 2 mai 2026 Testé sur six semaines
Moleskine Classic Notebook L · prise de vue studio
★ À qui s'adresse ce produit

Pour ceux qui veulent l'objet-icône, qui écrivent au stylo-bille, au rollerball ou au crayon. Moins recommandé pour les amateurs d'encres humides.

Premières impressions

Le Moleskine arrive dans son emballage cellophané : sleeve papier, étiquette ovale, le célèbre encart en carton kraft niché à l’intérieur (« In case of loss, please return to… »). L’objet est immédiatement reconnaissable : couverture souple noire, élastique, signet rouge ou ivoire selon la version.

Première chose qu’on remarque en 2026 : la silhouette n’a pas changé d’un millimètre. Deuxième chose : le carnet vient de Chine. La maison italienne Modo & Modo a été rachetée par Syntegon puis par Appius. Le mythe milanais Hemingway-Chatwin reste un argument marketing brillant, mais l’objet est fabriqué en Asie depuis longtemps.

Format et dimensions

Format L (« Large »), soit 130 × 210 mm. Plus étroit qu’un A5 standard, plus haut. C’est ce ratio allongé qui donne au Moleskine sa silhouette si caractéristique, et qui le rend agréable à tenir d’une main.

Le papier ivoire

C’est ici que le Moleskine déçoit régulièrement les stylo-plumistes. Le papier est ivoire, légèrement satiné, autour de 70 g/m². Il est conçu pour les stylos-billes, les rollerballs fins et les feutres légers. Avec une plume Medium chargée d’encre humide, on observe :

  • du feathering (l’encre qui s’étale en barbe sur les fibres),
  • du show-through prononcé (l’écriture visible au verso),
  • du bleed-through dès qu’on appuie un peu (l’encre traverse).

Expérience d’écriture

Au stylo-bille fin et au crayon HB : excellente. La main glisse, l’élastique maintient le carnet plié sur lui-même quand on écrit dans le métro, la pochette intérieure avale tickets et reçus. C’est exactement pour ça qu’il a conquis les voyageurs des années 2000.

Au feutre fin (0.3 ou 0.4 mm), c’est aussi très correct. Au stylo-plume EF sec, encres Pelikan 4001, Lamy Black, c’est honnête. Au-delà, le carnet montre ses limites.

Reliure et durabilité

Dos cousu-collé classique. Le carnet ne s’ouvre pas parfaitement à plat neuf ; il faut casser la reliure progressivement, ce qui est l’une des critiques récurrentes des bullet journalistes. Après deux semaines d’usage, les pages du milieu tiennent ouvertes ; au début, non.

L’élastique tient une à deux années avant de se détendre. La couverture souple marque vite : c’est volontaire, c’est ce qui fait sa patine, et c’est aussi ce qui peut décevoir si vous l’attendiez impeccable.

Compatibilité stylo-plume

Faible à moyenne. Convient aux EF et F secs, aux encres peu humides (Pelikan 4001 Brilliant Black, Waterman Mysterious Blue). Inadapté aux plumes B, stub, et aux encres saturées type Iroshizuku ou Diamine Shimmertastic. Pour ces usages, regardez plutôt le Rhodia Webnotebook ou le Midori MD.

+ Ce qu'on aime
  • + L'objet, sa silhouette, le rituel : l'élastique qui claque sur la couverture
  • + La pochette accordéon, increvable et toujours pratique
  • + Le format L, parfait équilibre entre poche et bureau
  • + La densité du dos cousu-collé qui s'ouvre mieux qu'on ne le dit
— Ce qu'on aime moins
  • Le papier 70 g/m² qui marque (feathering) avec la plupart des stylos-plume humides
  • Le show-through prononcé, le bleed-through fréquent dès qu'on appuie
  • Le rapport qualité/prix qui s'est dégradé face à Leuchtturm et Rhodia
  • La fabrication chinoise qui contredit l'imaginaire italien vendu sur le sleeve
Pour quel usage

Idéal au stylo-bille, au rollerball fin, au feutre fin ou au crayon. Pour le bullet journal, préférer un papier 90 g/m². Le Moleskine reste un excellent carnet de voyage, de citations, de croquis légers.

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