Test · Carnet

Smythson
Panama Notebook (format Soho).

Cuir doré au fer chaud, papier Featherweight bleu pâle, tranches dorées — le Panama de Smythson est l'objet d'écriture britannique par excellence depuis 1908. Six semaines avec lui, sans concession.

Par Camille Berthier 5 mai 2026 Testé sur six semaines
Smythson Panama Notebook · prise de vue studio
★ À qui s'adresse ce produit

Pour ceux qui considèrent un carnet comme un objet à transmettre. Pour le cadeau à 150 € qui survivra à toutes les modes — pas pour le bullet journal du quotidien.

Premières impressions

Le Smythson arrive dans un coffret cartonné habillé de papier ivoire, avec le sceau de la maison embossé en doré. À l’intérieur, le carnet est protégé par un sleeve en papier de soie. C’est un emballage de bijouterie, pas de papeterie.

Le cuir est d’une qualité immédiatement perceptible : grain fin, souplesse, odeur. Le doré sur la tranche n’a rien de tape-à-l’œil — il est mat, ancré, appliqué à chaud feuille par feuille. Première de couv’ embossée du sceau Smythson, en relief mais discret.

Le contexte Smythson

Maison fondée à Bond Street en 1887 par Frank Smythson. Fournisseur de la Maison royale britannique depuis Édouard VII. Le papier Featherweight bleu pâle a été créé en 1908 — c’est l’unique signature du carnet Panama.

Smythson reste l’une des dernières maisons britanniques à produire ses carnets dans son propre atelier, situé à Camden, Londres.

Format Soho

152 × 102 mm, soit légèrement plus haut et plus étroit qu’un Pocket Moleskine. C’est un format qu’on glisse dans une veste, jamais dans un sac à dos. La maison propose aussi le Panama (le format historique, plus long), le Wafer (slim) et le Soho.

Le papier Featherweight

C’est l’argument central, et c’est aussi l’argument qui mérite nuance. Le Featherweight 80 g/m² est un papier 100% pure laid (sans bois), bleu pâle teinté en masse. Il est extraordinairement léger pour sa résistance — c’est l’origine du nom.

Expérience d’écriture

Au stylo-plume EF sec et au rollerball : très agréable. La couleur bleu pâle du papier change le rapport à l’encre — le noir devient plus profond, les bleus se fondent, les rouges sang s’intensifient. C’est une signature esthétique qu’on aime ou qu’on n’aime pas.

Au crayon HB et au stylo-bille fin : le papier est légèrement satiné, ça glisse bien sans patiner. Au feutre fin : aucun bleed, mais le feutre ressort presque trop sur le bleu pâle.

Reliure et durabilité

Cousu, cuir véritable rabattu sur les bords. Le carnet ouvre bien à plat après deux semaines d’usage. Le cuir patine très joliment — c’est sans doute l’un des points forts de l’objet à long terme. Après six semaines, les coins commencent à se dessiner ; après un an, le carnet aura le caractère d’un objet personnel.

Personnalisation

Smythson propose le gravage à chaud des initiales sur la couverture, en boutique ou sur commande en ligne. C’est un service historique de la maison — le genre de détail qui transforme un carnet en cadeau marquant.

Compatibilité stylo-plume

Moyenne à bonne selon la plume. Excellente pour EF/F secs et encres classiques (Pelikan 4001, Diamine Onyx Black, Waterman Tender Purple). Difficile pour les plumes M humides, les stub et les encres très saturées.

+ Ce qu'on aime
  • + Le papier Featherweight bleu pâle, signature unique de la maison
  • + La fabrication britannique encore artisanale (à Camden, Londres)
  • + L'objet en lui-même — un carnet à offrir, à transmettre
  • + L'option de personnalisation (gravage à chaud des initiales)
— Ce qu'on aime moins
  • Le prix, frontalement élevé pour 256 pages
  • Le papier Featherweight qui n'égale pas le Tomoe River pour stylo-plume
  • Le format Soho un peu petit pour le journaling étendu
  • La distribution confidentielle hors flagship Smythson
Pour quel usage

Idéal comme carnet d'idées, de citations, d'agenda d'affaires. À offrir pour un anniversaire marquant, un départ à la retraite, un événement de vie. Moins adapté au quotidien intensif.

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