Le Leuchtturm 1917, le carnet bullet journal par défaut
Si Ryder Carroll lui-même utilise un Leuchtturm 1917, ce n'est pas un hasard. Le carnet allemand a été le premier à intégrer les fonctionnalités exactes dont la méthode bullet journal a besoin — et il est devenu de fait le standard du milieu.
Pourquoi le Leuchtturm s’est imposé
Le Leuchtturm 1917 A5 est sorti en 1917 (d’où le nom). Pendant 95 ans, c’était un carnet allemand discret destiné aux écrivains. En 2013, quand Ryder Carroll publie sa méthode bullet journal, il choisit de l’illustrer avec un Leuchtturm — et ça a tout changé.
La marque a vu venir le mouvement et a sorti en 2018 une Bullet Journal Edition officielle, en collaboration avec Carroll. Aujourd’hui, environ 7 bullet journalistes sur 10 utilisent un Leuchtturm.
Les fonctions natives qui changent tout
1. Pages numérotées
Les 251 pages sont numérotées en bas. Sans cela, l’index ne fonctionne pas — et l’index est l’épine dorsale du bullet journal. Sur un Moleskine, vous devez numéroter à la main : 30 minutes de boulot avant même d’écrire la première ligne.
2. Sommaire pré-imprimé (4 pages)
Les pages 1 à 4 sont préformatées comme sommaire avec une grille de lignes prêtes à recevoir les renvois (page n° + sujet). Encore une fois : exactement ce que la méthode bullet journal demande.
3. Papier 80 g/m² ivoire
Au-dessus du standard concurrent (Moleskine est à 70 g/m²). Le bullet journal demande beaucoup de feutres et parfois de stylos plume — un grammage trop faible traverse, un grammage trop épais ralentit le carnet. 80 g/m² est le sweet spot.
Le format à choisir
Trois variantes pertinentes pour le bullet journal :
Medium A5 (148 × 210 mm)
Le format de référence absolu. 251 pages numérotées. ~ 19 €. Choix par défaut, suffisant pour 90% des usages.
Master Slim A4+ (225 × 315 mm)
Pour les profils qui combinent bullet journal + croquis + collages. 121 pages, format livre photo. ~ 32 €. Lourd, peu nomade.
Pocket A6 (90 × 150 mm)
Le mini bullet journal. 187 pages. ~ 15 €. Pour ceux qui veulent un carnet de poche plutôt qu’un carnet de bureau.
Les éditions à connaître
- Édition standard — 19 couleurs disponibles
- Bullet Journal Edition — pré-formatée avec key, future log, mensuel
- Edition 1917 — couverture toilée premium, papier crème
- Limited Editions — colorations saisonnières (souvent intéressantes)
Les défauts à connaître
Le ghosting (show-through)
Avec un stylo plume large (B ou plus), le verso laisse une ombre. Pas de bleed-through, mais visuellement fatigant si on écrit recto-verso.
Le coin qui s’abîme
L’angle inférieur droit (celui qu’on ouvre le plus) marque rapidement. Au bout d’un an, il est plié. C’est le talon d’Achille du modèle classique.
Le prix qui monte
Le Leuchtturm est passé de 14 € à 19 € en 5 ans. Sur 6 carnets/an pour un bullet journaliste actif, ça fait 30 € de différence annuelle.
Les alternatives à considérer
Si le Leuchtturm vous frustre :
- Rhodia Goalbook — 90 g/m² (papier supérieur), 224 pages numérotées, même prix, fabriqué en France
- Scribbles That Matter — 100 g/m², 200 pages numérotées, papier conçu pour stylo plume B+
- Lemome — alternative low-cost (~ 12 €), 80 g/m², bonne facture
Le Leuchtturm reste le standard, mais le Rhodia Goalbook le talonne — et techniquement, son papier est meilleur. Si la communauté bullet journal n’avait pas adopté le Leuchtturm en premier, le Goalbook aurait sans doute le même statut aujourd’hui.
Le verdict
Le Leuchtturm 1917 A5 dotted est le choix par défaut, et pour de bonnes raisons. Pages numérotées, sommaire pré-imprimé, papier correct, prix raisonnable. Pour démarrer un bullet journal, c’est probablement l’achat le moins risqué.
Pour quelqu’un qui pratique déjà depuis 6 mois et veut aller plus loin sur la qualité papier, le Rhodia Goalbook ou le Scribbles That Matter méritent le saut.