Lettering et bullet journal — par où commencer
Le lettering n'est pas obligatoire dans un bullet journal — mais c'est l'une des pratiques les plus apaisantes qu'on puisse y associer. À condition de ne pas confondre « beau lettering » et « décoration partout ».
Trois familles à distinguer
Le mot lettering recouvre trois pratiques différentes qu’on confond souvent :
- La calligraphie — l’art d’écrire selon une tradition codifiée (anglaise, italique, gothique). Demande des années de pratique et un instrument dédié (plume oblique, bambou, encre).
- Le hand-lettering — dessin de lettres lettre par lettre, comme un dessin. Pas d’écriture à proprement parler, plutôt du dessin typographique.
- Le faux-calligraphy / brush lettering — imitation du tracé brush avec un feutre à pointe pinceau, en jouant sur les pleins et déliés.
Pour un bullet journal, le brush lettering est de loin le plus accessible et le plus rapide.
Le matériel pour démarrer
Trois feutres suffisent largement :
- Tombow Fudenosuke (pointe dure) — pour les petites lettres et les titres de pages
- Tombow Dual Brush ABT — pour les grands titres et les pleins/déliés bien marqués
- Pentel Sign Pen Brush — alternative plus douce, plus japonaise
Comptez 4 à 8 € par feutre. Pas besoin d’investir dans un kit à 60 € pour commencer.
Le principe du brush lettering
La règle est simple :
- Trait descendant (vers le bas) → on appuie → trait épais (plein)
- Trait montant (vers le haut) → on lâche → trait fin (délié)
C’est tout. Avec ce seul principe, on peut écrire des centaines de mots qui auront immédiatement l’air calligraphié.
Trois exercices à répéter
Exercice 1 — les barres verticales
Tracez 30 traits verticaux sur une ligne. Tous descendants, tous bien épais, tous parallèles. Recommencez jusqu’à obtenir une régularité parfaite.
Exercice 2 — les pleins et déliés
Tracez l’alternance descendant épais / montant fin sur une page. Des « v » inversés, des « u », des boucles. C’est l’apprentissage moteur du geste.
Exercice 3 — l’alphabet entier
Lettre par lettre, en respectant la règle de pression. Comptez 1 à 2 heures pour faire l’alphabet correctement la première fois.
Quand utiliser le lettering dans le bullet journal
Idéal pour :
- les titres de mois ou de section (1 par page)
- les bannières simples (« To do », « Notes »)
- les citations occasionnelles
Mauvais usage :
- les titres répétitifs (qui prennent vingt minutes par semaine)
- les noms de jours (qui doivent rester rapides à écrire)
- les listes de tâches (où la lisibilité prime)
Pour aller plus loin
Une fois confortable, on peut explorer les variations : flourishes (fioritures), ombres, alphabets composés, mélange de styles. Mais pas avant trois mois de pratique régulière.
Et surtout — gardez le bullet journal lisible. Le lettering n’est pas une fin en soi, c’est une décoration ponctuelle qui rend le carnet plus agréable à ouvrir. Pas une compétition.